Visite du cimetière animalier d'Asnières

 

Le cimetière animalier d'Asnières date de 1899 et doit son existence à Marguerite Durand, comédienne et journaliste, grande figure du féminisme de son temps, passionné d'animaux elle élève dans le jardin de son petit hôtel près du parc Monceau une lionne baptisée "Tigre".
http://www.senat.fr/événement/archives/D25/marg.html

Situé dans l'une des plus jolies îles de la Seine, autrefois appelée l'île des Ravageurs, célèbre par des drames, des crimes mystérieux, des duels d'apaches dont les romans d'Eugène Sue perpétuent la légende, le Cimetière pour chiens et autres animaux domestiques élève son magnifique portail dû à l'architecte Eugène Petit, sur le pont même de Clichy, à l'entrée d'Asnières, à quelques minutes de Paris. Cette création s'imposait; non seulement elle a permis aux amis des bêtes d'assurer le dernier repos de l'animal fidèle qu'ils ont aimé, elle a aussi rendu pour l'hygiène et la salubrité de Paris et de ses environs, un service qui n'est pas niable. Quelque invraisemblable que soit la chose, il n'existait à Paris, avant la création du Cimetière des chiens, aucun moyen pratique de se débarrasser d'un animal mort. On ne pouvait, pour rester dans la légalité, qu'envoyer son cadavre à l'équarrisseur. Des personnes auxquelles cet acte répugnait et qui ignoraient la loi, confiaient les cadavres de leurs animaux aux enleveurs d'ordures ménagères, encourant ainsi une forte amende. Les boueux, n'ayant pas le droit, de déposer avec les gadoues les animaux morts, s'en débarrassaient en les jetant dans la Seine ou dans les fossés des fortifications où ils se décomposaient, corrompant l'eau, empestant l'air et nécessitant à la ville de Paris des frais de repêchage et d'enlèvement inscrits annuellement au budget municipal pour une somme de 6 à 8000 francs. Le cimetière des animaux domestiques n'est donc pas seulement une belle œuvre au point de vue sentimental, c'est encore une œuvre d'un intérêt considérable pour la santé publique. Des esprits grincheux, des gens au cœur sec, des " mécontents de tout " ont essayé de railler, au début, la création d'un cimetière pour les animaux. La réponse à leurs critiques ne s'est pas fait attendre. A l'heure actuelle plus de 18.000 personnes ont fait enfouir des animaux au cimetière des chiens et elles n'ont pas craint de dire pourquoi elles considéraient cela comme un devoir. Sur les humbles piquets de bois comme sur les pierres les plus luxueuses sont gravés des témoignages d'affection, surtout de reconnaissance, et ces témoignages émanent pour la plupart de personnalités en compagnie desquelles il ne peut être que très flatteur d'être critiqué. Des écrivains renommés, des hommes politiques de haute valeur et d'opinions différentes, des artistes appréciés, des sociologues, qu'il est impossible de taxer de niaise sensiblerie, possèdent des terrains au cimetière d'Asnières où des animaux célèbres voisinent avec des animaux de... célébrités.
Une Curiosité. Le Cimetière des Chiens d'Asnières. M. L. Durfalc. Vers 1910.

Classé monument historique en 1987

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Photos de C. Trembley.